Le musée du Louvre ouvre au public 4600 m2 de nouveaux espaces muséographiques creusés dans la cour Visconti. Les architectes Rudy Ricciotti et Mario Bellini ont coiffé ces espaces d’une verrière ondulante de 48 m sur 32 m.
A Paris, vingt ans après la controversée pyramide de l’architecte Ieoh Ming Pei, le chantier du département des arts de l’Islam achève le projet du Grand Louvre. Lancé en 2002 par l’ancien président Jacques Chirac, « celui-ci est né d’un constat, explique Henri Loyrette, président-directeur de l’établissement. Trop longtemps marginalisés, les arts de l’Islam ne disposaient pas de salles propres à valoriser l’une des plus importantes collections au monde. » Un trésor de 18000 œuvres (éléments d’architecture, tapis, objets de verre émaillé, etc.), qui se déploiera sur 4600 m² d’espaces muséographiques. La réalisation de ces nouveaux espaces dans un site classé a constitué un véritable défi architectural et technique pour leurs concepteurs qui se devaient d’arbitrer en finesse « l’affrontement narratif » entre classicisme et Islam. « Le projet vient à la fois creuser la cour et effleurer les façades, dans une covisibilité sans violence », explique Rudy Ricciotti.
Le cauchemar de l’architecte
« A l’origine, il était question, dans une vision très occidentale, de couvrir la cour par une verrière horizontale et d’y empiler des niveaux de planchers. Nous avons choisi de mettre en crise ce dispositif », poursuit-il. Pour y parvenir, la cour Visconti a été excavée sur douze mètres de profondeur (et des milliers de mètres cubes de terre évacués par un porche étroit…). Reprises de fondations, confortement de sol, toute une palette de solutions a été mobilisée pour cette intervention, conduite sans fermeture du musée. Rudy Ricciotti souligne la difficulté à réaliser « la partie non visible de l’iceberg », jusqu’à en cauchemarder : « J’ai rêvé qu’une façade côté Seine s’écroulait », confie-t-il volontiers… A partir du 22 septembre, les visiteurs découvriront également la muséographie conçue par Renaud Piérard, qui leur permettra de « tourner autour des objets ». Les collections prendront place, en effet, dans une centaine de vitrines high-tech fabriquées en Italie, disposée selon un parcours d’apparence aléatoire.
Extrait de l’article « Le Grand Louvre se voile de verre », paru dans « Le Moniteur des Travaux Publics et du Bâtiment » n° 5651 du 16 mars 2012
l’architecte Wang Shu s’est vu remettre le prix d’architecture Pritzker 2012, décerné annuellement par la Fondation Hyatt. Premier Chinois à remporter la prestigieuse récompense, il succède au Portugais Eduardo Souto de Moura. Victoire d’un homme, mais surtout d’un type d’architecture à la fois dans l’air et hors du temps.
Différent et engagé, écrivain à ses heures, l’architecte chinois a mis d’accord tous les jurés. « Nous sommes en présence d’un maître », n’a pas hésité à déclarer le président du jury, le Britannique Peter Palumbo, lors de son déplacement en Chine. De son côté, dans un communiqué transmis par la Fondation Hyatt, le lauréat reste humble et parle de la récompense d’un travail réalisé sur le long terme :
“Je suis très honoré. Je viens de me rendre compte que j’avais fait beaucoup de choses pendant la décennie écoulée. Cela prouve que le travail et la persévérance donnent des résultats positifs. Mais qu’est-ce qui caractérise le travail de Wang Shu ? La récupération, le mariage de l’ancien et du neuf, le souci de l’écologie et la prise en compte des populations (sa fameuse théorie du « slow-build » qui prône une urbanisation humaniste). Un travail follement (post)moderne
Le bâtiment à la morphologie complexe, imaginé par la lauréate anglo-irakienne du Prix Pritzker 2004, sera livré début 2012.
Au cœur du nouveau quartier du même nom, l’imposant paquebot baptisé « Pierres vives », conçu par Zaha Hadid, abritera à terme trois équipements : les archives départementales de l’Hérault, la bibliothèque départementale de prêt, ainsi que le service départemental des sports. Soit 28 500 m2 sur une parcelle de 35 000 m2. « Les formes de l’immeuble se fondent les unes dans les autres en définissant les différentes fonctions du complexe, mais tout en suggérant leur intégration finale (...). Les trois composantes du projet sont fondues dans une forme comparable à un tronc d’arbre à l’horizontale (...). Les branches poussent sur ce tronc pour permettre l’accès aux différentes zones de l’immeuble » explique l’architecte. Ainsi l’édifice est-il constitué d’un seul volume de 200 m de long pour une hauteur de 25 m. Les façades nord (la base de l’arbre couché) Est et Ouest (le tronc de l’arbre) sont constituées de différents plans verticaux, tandis que les autres façades présentent des inclinaisons de 36°... Une « vague » de 400 m2
Les travaux de plâtrerie en cours (doublage-isolation, cloisonnement, plafonds suspendus) sont réalisés par l’entreprise marseillaise « Art Deco », sous le regard de Lafarge Plâtres. La complexité architecturale extérieure du bâtiment se retrouve en effet à l’intérieur : dans cet équipement en courbes et contre-courbes, les parois ne font souvent qu’un avec les sols et les plafonds. Ce qui impose une grande méticulosité technique et des contraintes de mise en œuvre importantes, assurées par une équipe permanente de 60 plaquistes. Un calepinage de haute précision a été nécessaire pour panacher les différentes plaques, intégrer les plinthes en bois, les grilles de ventilation et de climatisation, les trappes de visite, les luminaires, etc. Sans oublier la réalisation de parois cintrées, de joints creux, etc. ni les découpes acrobatiques qui en résultent... Ainsi, aux 14 000 m2 de plafonds suspendus s’ajoute une « vague » de 400 m2 qui parcourt le plafond de l’accès principal : ossature cintrée, plaques BA 13 standard, gorges lumineuses intégrées, etc. Totalement indépendante du bâtiment pour permettre la dilatation des éléments structurels du gros œuvre sur ses quatre côtés, cette « vague » située à 14 m de hauteur a nécessité la conception d’un échafaudage particulier dans la mesure où le sol de cet espace n’est pas plan. Zaha Hadid adore la complexité, mais ça on le savait déjà.
Architecte avant tout soucieux de la forme, Frédéric Borel a notamment réalisé l’Ecole nationale supérieure d’architecture Paris Val-de-Seine (2007).
Plus haute distinction française dans le domaine de l’architecture, le Grand Prix existe depuis 1975. Relancé en 2004, il récompense tous les deux ans un architecte ou une agence pour l’ensemble de son oeuvre. Le jury, présidé par le ministre et composé d’une vingtaine de membres, a examiné 44 candidatures d’architectes ou d’agences d’architecture (voir liste ci-dessous) construisant depuis au moins vingt ans. Son choix s’est arrêté sur Frédéric Borel, né à Roanne dans la Loire en novembre 1959. Diplômé de l’Ecole spéciale d’architecture (ESA) en 1982, il rompt dès ses premières réalisations avec l’architecture minimaliste et fonctionnelle. Ses immeubles parisiens de la rue Oberkampf (1993) et de la rue Pelleport (1998) offrent une "radicalité formelle, colorée et sculpturale", souligne le ministère. Revendiquant une approche urbaine hétérogène, Frédéric Borel mise tantôt sur l’éclatement de volumes polychromiques, tantôt sur des blocs simples et massifs, à l’image de certains de ses équipements publics, "dans une grande liberté plastique", poursuit le ministère. Il a conçu notamment le centre des impôts de Brive (1999), l’université d’Agen (1998), l’école maternelle de la rue Moskowa, à Paris (2000), le palais de justice de Narbonne (2005), le centre culturel du Mont Saint-Aignan (2006). A l’étranger, il est notamment intervenu, à Vienne, à Athènes et aux Pays-Bas. Le lauréat du Grand Prix national de l’architecture reçoit un diplôme spécialement réalisé par l’artiste Daniel Buren et une dotation de 10.000 euros.
Le 17 Mars dernier à l’ambassade de Russie, ont été dévoilés les résultats du concours international d’architecture pour le nouveau Centre Spirituel et Culturel orthodoxe russe de Paris qui sera construit Quai Branly, en lieu et place des anciens bâtiments de Météo France.
Parmi les 10 finalistes du second tour, le jury composé d’officiels russes, de représentants du gouvernement français et de la ville de Paris a retenu le projet de l’équipe SADE (Manuel Nuñez-Yanowsky/Miriam Teitelbaum) associée à l’agence Moscovite Arch Group. Avec ses associés, Manuel Nuñez-Yanowsky (ancien compagnon de route de Ricardo Bofill et connu pour ses logements de Noisy-le-Grand) livre un projet qui se compose d’une église d’inspiration traditionnelle recouverte d’un voile photovoltaïque. Jean-Michel Wilmotte – Mosproekt-2 obtiennent eux la seconde place devant Frédéric Borel, tandis que les outsiders de l’agence russe SOA associés pour l’occasion à la jeune équipe parisienne Lazarevic & Liénard se placent au pied du podium.
Grand prix national de l’architecture en 2006
Architecte (école nationale supérieure d’architecture de Marseille - 1980) et ingénieur (école d’ingénieurs de Genève - 1975), Grand Prix national de l’architecture, Rudy Ricciotti est représentatif de cette génération d’architectes qui allient puissance de création et véritable culture constructive. Basé à Bandol, il s’affiche comme le militant du combat contemporain sur des terres minées par le régionalisme néo-provençal. Auteur de réalisations marquantes en France, avec notamment le Centre chorégraphique national d’Aix-en-Provence, il a également su gagner une stature internationale, comme en témoignent ses œuvres en dehors de nos frontières : passerelle pour la Paix à Séoul ou le Nikolaisaal de Potsdam en Allemagne. En 2005, il remporte l’appel d’offres pour la construction de la médiathèque de Rouen. Mais la nouvelle municipalité, qui doit financer les trois-quarts de ce projet de 44 millions d’euros, vote le 2 juillet 2008 le gel du chantier alors que le bâtiment est en construction depuis octobre 20071. Avant de poursuivre le chantier, la municipalité rouennaise demande aux autres partenaires institutionnels de participer davantage au financement et établit un nouveau projet d’accès à la lecture publique2. Le bâtiment sera finalement redéfini en pôle culturel en accueillant les archives départementales de Seine-Maritime, la bibliothèque Grammont et la direction des bibliothèques de la ville3. Le 7 novembre 2007, il remporte le concours organisé par la mairie de Paris pour la construction du nouveau stade Jean-Bouin4. Il est président des éditions Al Dante depuis 2007, http://www.al-dante.org. Al Dante publie des livres – poésie, proses poétiques et expérimentales, essais théoriques, catalogues et publications d’artistes, anthologies, revues –, mais également des CD (poésie sonore, musique), des DVD, des journaux, participe à et organise des manifestations – lectures, performances, colloques, expositions... Il fait partie du comité éditorial de la revue L’Architecture d’aujourd’hui.
2010 - 2015 - Les Arts Gstaad (opéra / centre culturel), Suisse 2010 - 2012 - Centre culturel et social de Gennevilliers 2010 - 2012 - La Salle de musiques actuelles de Metz 2009 - 2013 - Centre des arts et de la culture Fernand-Léger à Douchy-les-Mines 2009 - 2012 - Rectorat de l’Académie de Dijon 2009-2011 - Musée Mémorial du camp de Rivesaltes, à Rivesaltes, Pyrénées-Orientales (en cours) ; 2009-2012 - Reconstruction du stade Jean-Bouin (Paris) ; 2007-2011 - Siège du CEA ITER à Cadarache 2007 - 2011 - Musée Cocteau - collection Severin Wunderman à Menton 2007-2010 - Pôle culturel Grammont, à Rouen (en cours) ; 2005 - 2012 - Département des Arts de l’Islam au Musée du Louvre, Paris 2005 - 2011 - Médiathèque et Centre d’art contemporain de Colomiers 2004 - 2013 - Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MUCEM) à Marseille 2000-2006 - Centre chorégraphique national d’Aix-en-Provence, intitulé par Ricciotti « le Pavillon Noir » ; Passerelle de Séoul en Corée ; Restructuration de l’abbaye de Montmajour ; Salle de concert philharmonique Nikolaisaal de Potsdam ; Salle de spectacles de Sélestat (Strasbourg) (en cours) ; "Villa et piscine Le Goff" Marseille ; "Villa et piscine Marmonier" La Garde (réalisée) ; 1998 – "Villa Lyprendi" Toulon (réalisée) ; "Foyer-restaurant du CREPS" Boulouris (réalisé) ; "Grand hall de la Faculté des Sciences" Marseille (réalisé) ; 1997 – "Collège 600" Saint-Ouen (réalisé) ; "Villa Gros" Gémenos (réalisée) ; 1996 – "Centre d’entretien autoroutier A20" Uzerche (réalisé) ; "Collège 900" Auriol (nommé Ubelka) (réalisé) ; 1995 – "Base nautique de Bandol" (réalisée) ; "Villa Chaix" restructuration d’un mas, Ramatuelle (réalisée) ; 1994 – "Stadium de Vitrolles" (réalisé) ; "Salle des Fêtes" Port-Saint-Louis-du-Rhône (réalisée) ; 1993 – "Salle de spectacles et de cinéma" Pierrelatte (lauréat) ; 1992 – "Centre d’information et de coordination routière" Marseille (réalisé) ; "Studio Berg" Ramatuelle (réalisé) Photo ; 1986 – "Centre des loisirs de jeunes" Bandol (réalisé)