Du 16 avril au 29 septembre 2013, la Fondation Cartier pour l’art contemporain
Du 16 avril au 29 septembre 2013, la Fondation Cartier pour l’art contemporain invite le sculpteur australien Ron Mueck à présenter ses oeuvres émouvantes et troublantes, marquant son grand retour institutionnel en Europe. Après le succès de 2005 à la Fondation Cartier, cette nouvelle exposition personnelle est la plus complète et la plus actuelle de la production de l’artiste. Elle dévoilera notamment, outre six oeuvres récentes, trois sculptures réalisées spécialement pour l’occasion. Ces oeuvres, révélées dans l’intimité de leur création à travers un film inédit, réaffirment toute la modernité d’un art à fleur de peau, aussi puissant qu’évocateur.
LA DÉCOUVERTE EXCEPTIONNELLE D’UNE OEUVRE RARE ET SECRÈTE. Vivant à Londres, Ron Mueck a exposé dans les musées du monde entier, au Japon, en Australie, en Nouvelle- Zélande et au Mexique. Son exposition à la Fondation Cartier est un événement d’autant plus exceptionnel que les opportunités de voir ses oeuvres sont extrêmement rares. Travaillant lentement dans son atelier londonien, il fait du temps un élément privilégié de sa création. Ses figures humaines, réalistes à l’excès mais qui jouent sur des changements d’échelle surprenants, demeurent aussi éloignées du naturalisme académique que du pop art ou de l’hyperréalisme. TROIS NOUVELLES SCULPTURES DÉVOILÉES AU PUBLIC POUR LA PREMIÈRE FOIS. Donnant à voir deux adolescents dans la rue, une mère avec son bébé et un couple sur la plage, elles sont autant d’arrêts sur image sur une relation entre deux êtres, saisis dans un moment à la fois ordinaire et intrigant. La précision des gestes, l’exactitude de la chair, la souplesse soupçonnée de l’épiderme leur donnent toute l’apparence de la réalité. Cette obsession du vrai témoigne, chez cet artiste en quête de perfection, d’une approche sensible jusqu’à l’extrême des formes et des matériaux. En repoussant les limites de la ressemblance, il propose au visiteur des oeuvres secrètes et silencieuses, méditatives et mystérieuses. DES OEUVRES QUI TOUCHENT À L’UNIVERSEL. Il émane de ces sculptures une spiritualité et un profond humanisme suggéré par les sujets en apparence si ordinaires, suscitant une compassion inévitable du spectateur. Au-delà de toute intention portraitiste, Ron Mueck nous confronte à l’inquiétante étrangeté du rapport au corps et à l’existence. RON MUECK RENOUVELLE AINSI PROFONDÉMENT LA SCULPTURE FIGURATIVE CONTEMPORAINE. Les oeuvres de Ron Mueck sont nourries de sources riches et diverses – images de presse, bandes dessinées, histoire de l’art, souvenirs proustiens ou fables et légendes anciennes. Ainsi, tandis que Still Life (2009) se situe dans la plus pure tradition de la nature morte, d’ancestraux souvenirs d’histoires de sorcières nous envahissent devant la silhouette ployée de Woman with Sticks (2009). Drift (2009) et Youth (id.) semblent quant à elles sortir de la une d’un quotidien, tout en évoquant en même temps des oeuvres du passé. À la manière de ce grand visage endormi (Mask II, 2002), véritable masque du songe, les sculptures de Ron Mueck font surgir le rêve dans le réel. UNE CRÉATION DÉVOILÉE AU PUBLIC PAR LE FILM INÉDIT DE GAUTIER DEBLONDE STILL LIFE : RON MUECK AT WORK. Ce documentaire très intime, tourné au quotidien dans l’atelier de l’artiste pendant la réalisation des nouvelles sculptures présentées lors de l’exposition, nous fait pénétrer dans les coulisses de son art. Réalisé spécialement pour l’exposition de la Fondation Cartier pour l’art contemporain et en complicité avec Ron Mueck, ce film constitue une formidable occasion de découvrir le lien qui unit ce dernier à son oeuvre et d’entrer, discrètement et silencieusement, dans l’intimité de sa création
du 25 avril au 1 septembre 2013 aux Arts décoratifs
Ronan et Erwan Bouroullec revisitent 15 ans de leur création. Conçue comme une gigantesque installation, l’exposition couvre l’ensemble de leur carrière : de l’objet à l’espace, de la série limitée à la pièce industrielle, du mobilier public au meuble à usage domestique, du dessin à la vidéo, en passant par la photographie. La nef des Arts décoratifs et ses deux bas-côtés permettent aux designers trois approches de leur travail : au centre, la mise en œuvre d’une installation dans un très vaste espace architectural ; côté jardin, la réflexion autour du bureau et de l’espace de travail ; côté Rivoli, une approche plus intimiste intégrant le processus de création. Dans la nef, sous une voûte textile de 12 mètres de haut, Erwan et Ronan Bouroullec ont choisi de mettre en scène un paysage abstrait structuré par leurs nombreuses cloisons (Algues, North Tiles, Twigs, Clouds). Celles-ci morcèlent l’espace sur toute sa hauteur et dessinent le sens de la visite. Le public pénètre dans cet univers monumental et surprenant, imprégné d’une atmosphère singulière. Comme un écran ajouré les Nuages en polystyrène ouvrent l’exposition tout en laissant la perspective ouverte. Entre les cloisons, des podiums en carrelages Pico édités par Mutina permettent de disposer certaines de leurs créations : tapis Losanges pour Nanimarquina, mobilier Assemblages pour la Galerie kreo... Ces confrontations jouent sur les changements d’échelle tout en mettant en valeur l’aspect sensuel et délicat des pièces. Les Algues laissent entre-apercevoir le Textile Field, créé à l’origine en 2011 pour la salle des cartons de Raphaël du Victoria et Albert Museum. Comme un temps de pause, cette pièce sur laquelle le visiteur peut s’allonger, invite à la contemplation. Côté jardin des Tuileries, les Bouroullec mettent en scène leur réflexion sur l’univers du travail initié avec les bureaux Joyn pour Vitra, qu’ils poursuivent avec cet éditeur à travers de toutes récentes créations : Workbay et Corktable. De même, le mobilier Copenhague édité par Hay est tout particulièrement imaginé et créé pour la nouvelle université de Copenhague. Leurs préoccupations en matière de bureau prennent en compte de manière très pragmatique les évolutions les plus récentes dans la façon de travailler : seul, à plusieurs, nécessitant des espaces intimes propices à la concentration ou au contraire plateforme collective. Les visiteurs pourront tester l’ergonomie et l’usage de ces pièces en expérimentant ce mobilier. Là encore, l’espace est délimité grâce à un nouveau système de rideaux mis au point avec Kvadrat et tout nouvellement édité, les Ready Made Curtain, très légers et prêts à poser. 300 dessins abstraits, libres ou appliqués à une recherche précise sont présentés tout le long de cette galerie. Côté Rivoli, les six alcôves présentent des objets dans un rapport à l’espace plus domestique et plus intime. Les pièces sont choisies pour dialoguer entre elles et sont contextualisées avec des maquettes et une constellation d’images. Dessins préparatoires, photos d’usine ou de détails de pièces décrivent ainsi en filigrane le processus de création. En quinze ans, les Bouroullec ont développé une œuvre particulièrement prolifique dans un style toujours simple et fonctionnel. Que ce soit dans les meubles, objets, cloisons, ils cherchent à apporter des solutions nouvelles aux modes de vie de leurs contemporains. Ils sont, très intéressés par les problèmes d’espace et de modularité. Ils travaillent ainsi souvent à l’échelle de l’architecture. Une de leurs premières pièces, le Lit clos, créé en 2000 pour le Salon du Meuble de Milan, est imaginé pour des personnes qui vivent dans une seule et même pièce. En 2007, l’Alcove Sofa pour Vitra tient autant du canapé que de la cloison. Leurs multiples parois peuvent être construites en assemblant soi-même des éléments modulaires : les modules Cloud (Cappellini) sont à la fois étagères et cloisons, les Algues (Vitra) et les Twigs (Vitra) permettent de créer des claustras aérés tandis que les North Tiles (Kvadrat) et les Clouds (Kvadrat) apportent un grand confort accoustique.
Commissaire : Dominique Forest, conservatrice du département Moderne et Contemporain, assistée de Marianne Brabant, assistante de conservation Scénographie : Ronan et Erwan Bouroullec
Du 19 avril au 18 aout 2013 au musée d’art moderne de la ville de Paris 11, avenue du Président Wilson 75016 Paris
Keith Haring fut l’un des artistes les plus célébrés de son époque, et aujourd’hui encore, tout le monde connaît son style incomparable et son répertoire de signes emblématiques. Cette exposition rend ainsi compte de la nature profondément « politique » de sa démarche, en présentant notamment ses œuvres réalisées sur bâche ou dans le métro. Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, avec le Centquatre, consacre une rétrospective de grande envergure à l’artiste américain Keith Haring (1958-1990), permettant d’appréhender l’importance de son œuvre, et plus particulièrement la nature profondément « politique » de sa démarche, tout au long de sa carrière. Avec près de 250 œuvres réalisées sur toile, sur bâche ou dans le métro, — dont une vingtaine de grands formats seront exposés au Centquatre, cette exposition est l’une des plus importantes jamais réalisées sur cet artiste. Keith Haring fut l’un des artistes les plus célébrés de son époque, et aujourd’hui encore tout le monde connaît son style incomparable et son répertoire de signes emblématiques. Il a été exposé avec Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat, Roy Lichtenstein, Robert Rauschenberg, Jenny Holzer et Daniel Buren, dès la Documenta 7 en 1982 et dans des musées et biennales du monde entier. Virtuose du dessin — qu’il pratiquait depuis l’enfance à haute dose — Keith Haring a étudié à la School of Visual Arts à New York. Génie de la ligne, travailleur incessant et rapide, il a énormément produit, réalisant ses œuvres en écoutant de la musique. Il a utilisé de multiples supports et eu recours aux medias de son époque, allant jusqu’à commercialiser des produits dérivés dans son célèbre Pop Shop à partir de 1985. Les messages et les idées politiques qu’il a véhiculés ne constituent pas seulement une part de son héritage, mais ont considérablement influencé les artistes et la société. Ses « subway drawings » réalisés dans le métro, ses peintures, ses dessins et sculptures, étaient porteurs de messages de justice sociale, de liberté individuelle et de changement. Icône du Pop art, artiste subversif et militant, Keith Haring a multiplié les engagements tout au long de sa vie : très jeune, il était animé par une envie de transformer le monde. En utilisant délibérément la rue et les espaces publics pour s’adresser au plus grand nombre, il n’a cessé de lutter contre le racisme, le capitalisme et toutes sortes d’injustice et de violence, notamment l’Apartheid en Afrique du sud, la menace de guerre atomique, la destruction de l’environnement, l’homophobie et l’épidémie du sida (dont il est mort, non sans avoir créé une fondation caritative au profit de la lutte contre la maladie). Le parcours de l’exposition rend compte de ses prises de position critiques.
Du 20 févier au 22 juilet 2013 à la Cité de la céramique 2,place de la Manufacture 92310 Sèvres
Première rétrospective des oeuvres d’Ettore Sottsass réalisées à la Manufacture de Sèvres et au Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques, « Un architecte dans l’atelier » présente quatre series de vases et de coupes en verre et en porcelaine, articulant un travail sur la matière, la couleur, la forme et la transparence. Dans le parcours d’Ettore Sottsass, le travail dans l’atelier en dialogue avec des maîtres artisans, a toujours occupé un espace privilégié. Ettore Sottsass n’a eu de cesse d’avoir recours à des matériaux naturels comme le verre et la céramique, les confrontant parfois à des matières moins nobles. En 1993, il est invité à imaginer des formes à Sèvres. Débute alors ses premières expériences avec la porcelaine : il dessine une série remarquée de 14 vases aux couleurs subtiles, à laquelle il confère des prénoms féminins célèbres (Lolita, Juliette, Laure…). Cet ensemble est complété par un surtout, entièrement blanc et or. Après ce premier dialogue fructueux avec les ateliers de Sèvres, une nouvelle collaboration est engagée en 2005, grâce au galeriste et ami d’Ettore Sottsass, Ernest Mourmans. Un nouvel atelier entre en jeu, celui du Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques. Une série de vases et de coupes aux références orientalistes et aux titres tziganes (Cozek, Rababah, Ederceszi…) est issue de cette rencontre entre les deux matériaux et ateliers. Au Cirva, Ettore Sottsass revient à de multiples reprises. De 1998 jusqu’à sa mort en 2007, il propose des séries de dessins pour le verre, matériau qu’il affectionne depuis longtemps. Ettore Sottsass accorde dans ces séries une attention particulière à la couleur, à la transparence et à l’opacité, ainsi qu’aux recherches formelles ; ainsi composé, chacun des objets se pose comme une petite architecture qui trouve son espace autonome. Quatre séries sont réalisées : huit premiers vases (1998/1999), les séries Lingam et Xiangzheng (1999/2004) et la série Kachinas (2006/2010). On retient particulièrement le vase Diane, dont le socle structuré et cylindrique, imposant et ironique, composé de trois élèment et deux de couleurs, s’articule avec une coupe à la gravité sollenelle, rouge et dorée, fine et élégante. Diane est une pièce complexe, hybride, dont on ressent tant la force que la vulnérabilité, et qui détient en elle même les principes de la démarche et des questionnements d’Ettore Sottsasss.
du 15 février au 19 mai 2013 à la maison Rouge 10 boulevard de la Bastille 75012 Paris
Cette exposition explore les rapports entretenus par les artistes avec les produits psychotropes. Depuis l’aube de l’humanité, nos semblables ont croisé des substances psychoactives, plantes, champignons, macérations diverses. Ces rencontres ont entraîné stupéfaction, intoxication, dépendance, accès mystique, soulagement, mort, voire illumination. Adel Abdessemed, Antonin Artaud, Jean-Michel Basquiat, Bruno Botella, Larry Clark, Lucien Clergue, Carsten Höller, Bryan Lewis Saunders, Daniel Pommereulle, Jeanne Suspluglas Sous influences Les artistes, toujours à la recherche d’accès à la création, de passages, de déclencheurs, de transgressions, de stimulations, de routes vers des imaginaires transmissibles, ne pouvaient guère éviter d’en tenter les effets. Hors de tout jugement moral, de prises de position socio-juridique, d’interprétation psychologique ou de choix esthétiques prédéterminés, l’exposition proposera des exemples, évidemment non-exhaustifs, de rapprochements entre les processus créatifs et l’utilisation de produits à effets psycho-dynamiques. L’aspect le plus directement accessible est celui de la représentation plastique de produits ou de leur usage. Cette iconographie dépend beaucoup de l’état des mœurs et des rapports de force entre les expériences transgressives et les législations adoptées par la société. La grille de lecture des œuvres varie donc entre le documentaire historique et le critère esthétique. On y joindra les affiches psychédéliques américaines des concerts de pop-musique, la publicité et une sélection de livres et publications sur ce sujet. Un deuxième champ sera celui d’œuvres, qui, sans ou avec l’intention de leurs concepteurs, produisent pour les spectateurs des effets approchant ceux des psychotropes (installations, environnements, dispositifs psycho-sensoriels). Le troisième corpus, au cœur de cette problématique, est celui des œuvres réalisées de façon volontariste ou en concomitance avec des prises de produits psychoactifs : usagers de drogues produisant des œuvres plastiques ou artistes expérimentant des modificateurs de la pensée à des fins de recherches créatives. Films et vidéos prennent une part importante dans l’exposition, car ils semblent permettre, par la prise en compte du temps dans l’expression plastique, des tentatives originales de transcription et de documentation des modifications de pensée ou de perception. Anciennes et nouvelles substances psychotropes ont de fait servi à certains artistes de déclencheurs de créativité, de vecteurs de voyage vers des « folies » qu’elles aient été parfois non maîtrisables ou productrices de souffrances. Leur traduction dans le champ esthétique ici présenté permettra à chacun d’en ressentir la constante complexité des effets. texte Antoine Perpère
du 20 fevrier au 20 mai 2013 au centre Pompidou
Cette exposition propose une rétrospective de l’œuvre de la créatrice irlandaise, Eileen Gray. À travers une sélection d’œuvres, de pièces de mobilier, de photographies, de maquettes et de documents réunis de façon inédite, cette exposition rend hommage à une conceptrice de génie, dont le travail traverse l’Art Déco et le mouvement moderne. Au même titre que Le Corbusier ou Mies Van Der Rohe, Eileen Gray figure parmi les architectes et designers qui ont profondément marqué le XXème siècle et défini la modernité.
Dans un univers artistique encore largement dominé par les hommes, Eileen Gray incarne aussi une féminité d’avant-garde. Créatrice totale, elle nourrit aujourd’hui encore l’inspiration de toute une génération d’artistes, ses champs d’action allant de la photographie au textile, de la peinture au laque jusqu’à l’architecture.
« Le futur projette la lumière, le passé seulement des nuages » : c’est avec cette détermination résolue qu’Eileen Gray s’est pleinement inscrite dans cet élan moderne. Peintre de formation, autodidacte dans beaucoup d’autres domaines, libre avant tout et évoluant loin des conformismes, Eileen Gray concevra des projets jusqu’à la fin de sa vie et laissera derrière elle plus de soixante-dix ans de création. Elle n’a jamais développé de production industrielle et toutes ses pièces sont donc uniques et d’autant plus rares. Son chef-d’œuvre, manifeste de la modernité, restera la villa E 1027, conçue à Roquebrune-Cap-Martin en 1926, en complicité avec l’architecte roumain Jean Badovici.
L’exposition éclaire le parcours et le travail d’une artiste qui a su lier une prodigieuse virtuosité technique à une force poétique inimitable, en excellant notamment, dans le laque et le textile, mais aussi dans une nouvelle conception de l’espace et du rapport au meuble et à l’objet.
Le catalogue et l’album (bilingue) de l’exposition Eileen Gray sont publiés par les Éditions du Centre Pompidou, sous la direction de Cloé Pitiot, commissaire de l’exposition.
Du 19 avril au 18 août 2013 au Musée d’art moderne de la ville de Paris 11 avenue du Président Wilson 75016 Paris
Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, avec le Centquatre, consacre une rétrospective de grande envergure à l’artiste américain Keith Haring (1958-1990), permettant d’appréhender l’importance de son œuvre, et plus particulièrement la nature profondément « politique » de sa démarche, tout au long de sa carrière.
Avec près de 250 œuvres réalisées sur toile, sur bâche ou dans le métro, — dont une vingtaine de grands formats seront exposés au Centquatre, cette exposition est l’une des plus importantes jamais réalisées sur cet artiste.
Keith Haring fut l’un des artistes les plus célébrés de son époque, et aujourd’hui encore tout le monde connaît son style incomparable et son répertoire de signes emblématiques. Il a été exposé avec Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat, Roy Lichtenstein, Robert Rauschenberg, Jenny Holzer et Daniel Buren, dès la Documenta 7 en 1982 et dans des musées et biennales du monde entier.
Virtuose du dessin — qu’il pratiquait depuis l’enfance à haute dose — Keith Haring a étudié à la School of Visual Arts à New York. Génie de la ligne, travailleur incessant et rapide, il a énormément produit, réalisant ses œuvres en écoutant de la musique. Il a utilisé de multiples supports et eu recours aux medias de son époque, allant jusqu’à commercialiser des produits dérivés dans son célèbre Pop Shop à partir de 1985.
Les messages et les idées politiques qu’il a véhiculés ne constituent pas seulement une part de son héritage, mais ont considérablement influencé les artistes et la société. Ses « subway drawings » réalisés dans le métro, ses peintures, ses dessins et sculptures, étaient porteurs de messages de justice sociale, de liberté individuelle et de changement.
Icône du Pop art, artiste subversif et militant, Keith Haring a multiplié les engagements tout au long de sa vie : très jeune, il était animé par une envie de transformer le monde.
En utilisant délibérément la rue et les espaces publics pour s’adresser au plus grand nombre, il n’a cessé de lutter contre le racisme, le capitalisme et toutes sortes d’injustice et de violence, notamment l’Apartheid en Afrique du sud, la menace de guerre atomique, la destruction de l’environnement, l’homophobie et l’épidémie du sida (dont il est mort, non sans avoir créé une fondation caritative au profit de la lutte contre la maladie). Le parcours de l’exposition rend compte de ses prises de position critiques.
du 1 février au 21 avril 2013 au Musée d’art moderne de la ville de Paris 11, avenue du Président Wilson 75016 Paris
L’exposition présente les trois grands axes du travail de Linder : les arts visuels, la musique et la mode. Elle rassemble des photos, photomontages, boîtes lumineuses et œuvres sur papier, mais aussi des costumes, des vidéos, du son et la retransmission de performances, notamment le concert de 1981 où elle portait une robe de viande crue. Depuis 1976, Linder investit différentes formes artistiques, des arts plastiques à la musique en passant par la mode. Elle compose des photomontages, à la manière des artistes dada John Heartfield et Hannah Höch, tout en étant partie prenante de la scène post-punk anglaise de Manchester : elle réalise la fameuse couverture d’Orgasm Addict des Buzzcocks en 1977, et fonde avec Ian Devine le groupe Ludus en 1978.
Le collage lui permet de créer des images transgressives engagées dans une action politique féministe. Linder décrit ses œuvres comme des « auto-montages ». Elle souhaite rompre l’image idéale de la femme en faisant le portrait de son aliénation. Prélevant ses éléments aussi bien dans les magazines érotiques que dans les revues automobiles, culturelles ou culinaires, toutes époques confondues, Linder réalise des œuvres dans lesquelles la femme n’est qu’un objet commercial, voire un « sex toy », dénonçant ainsi toutes les violences qui lui sont faites. Et, au-delà de ses dénonciations féministes, l’artiste met en évidence d’une manière particulièrement efficace, l’indécence contenue dans l’imagerie publicitaire.
Linder étudie également son propre corps : elle pratique des exercices de body-building, se badigeonne de maquillage, s’enduit de substances comestibles, bref, se transforme et se déforme, attire, choque ou provoque. Puis elle se réfère avec humour aux Ballets Russes, glorifie les danseurs tout en voilant leur face sous des gâteaux luisants.
Adepte de musique expérimentale, Linder est aussi très proche de Morrissey, qu’elle a suivi dans ses tournées et pour lequel elle réalise les couvertures d’albums (Your Arsenal, 1992).
Linder Sterling est née Linda Mulvey à Liverpool en 1954, elle vit et travaille à Lancashire.
du 19 janvier au 17 mars 2013 à la chapelle de la Visitation 25, rue des Granges Thonon-les-Bains
Xiao Fan, Wang Guangyi, Zhou Jun, Wang Keping, Yan Pei Ming, Yang Yongliang, Qiu Zhijie.
Du 14 novembre 2012 au 17 mars 2013 à la fondation Cartier 261, boulevard Raspail 75014 Paris
La Fondation Cartier pour l’art contemporain présente la première grande exposition européenne consacrée à Yue Minjun. Une occasion unique de découvrir le travail de cet artiste chinois aujourd’hui reconnu et dont la célébrité contraste avec la grande discrétion. Revisitant les codes du grotesque par une iconographie haute en couleur et hantée de personnages au rire énigmatique, son œuvre porte un regard ironique et désabusé sur le contexte social de la Chine contemporaine et sur la condition humaine dans le monde moderne. À travers près de 40 tableaux issus de collections du monde entier, ainsi qu’une multitude de dessins encore jamais montrés au grand public, l’exposition dévoile l’esthétique singulière et complexe d’une œuvre qui se dérobe à toute interprétation.
Du 20 octobre 2012 au 20 janvier 2013 au MAC/VAL Place de la Libération 94400 Vitry-sur-Seine
Pour la première fois, Fabrice Hyber présente au MAC/VAL l’intégralité des POF, réalisés entre 1991 et 2012, soit plus de 150 œuvres et autant de façons de placer le visiteur au coeur du dispositif. Il modifie la conscience et la pratique que nous avons de ces objets puisque leurs formes réinventées induisent de nouveaux comportements. En déplaçant leur fonction originelle, Fabrice Hyber génère un mode d’appropriation singulier qui nécessite souvent l’invention d’un mode d’emploi pour un usage en constante évolution, questionnant ainsi la relation que l’on entretient avec les objets du quotidien et plus généralement l’œuvre d’art.
Fabrice Hyber présente pour la première fois l’intégralité des POF (Prototypes d’Objets en Fonctionnement), réalisés entre 1991 et 2012, - comme le Ballon carré – POF 65 ou Oto, la voiture à double tranchant – POF 87, ou encore Ted Hyber – POF 51 -, soit plus de 150 oeuvres et autant de façons de placer le visiteur au coeur du dispositif, en l’invitant à les manipuler.
Fabrice Hyber modifie ainsi la conscience et la pratique que nous avons de ces objets puisque leurs formes réinventées induisent de nouveaux comportements. En déplaçant leur fonction originelle, les POF génèrent un mode d’appropriation singulier et nécessitent souvent l’invention d’un mode d’emploi pour un usage en constante évolution, questionnant ainsi la relation que l’on entretient avec les objets du quotidien et plus généralement l’œuvre d’art.
Fabrice Hyber, artiste prolifique présent depuis plus de vingt-cinq ans sur la scène artistique internationale et lauréat du Lion d’Or de la Biennale de Venise en 1997, a construit un œuvre rhizomatique où chaque pièce se fait l’écho d’une autre, créant ainsi un ensemble protéiforme qui reflète le foisonnement de sa pensée. S’il en matérialise le processus à l’aide de la peinture, la sculpture, l’installation, la vidéo ou encore en investissant le champ de l’entreprise et du commerce, c’est bien le dessin qui est à l’origine de toutes ses œuvres.
À cet égard, les POF sont symptomatiques de ces mécanismes, sur un mode léger, inventif, insolite, ludique, parfois utopique, critique ou satirique, mais toujours humoristique. L’exposition monographique du MAC/VAL, entre en résonance avec celles proposées parallèlement par le Palais de Tokyo, la Fondation Maeght et l’institut Pasteur, pour éclairer l’œuvre de l’un des artistes français les plus bouillonnants et inventifs d’aujourd’hui.
Du 17 octobre au 30 novembre 2012 à la galerie Lefebvre @ fils. 24, rue du Bac 75007 Paris
Olivier Gagnère et la galerie Lefebvre & Fils s’associent pour la première fois et présentent une série inédite et exceptionnelle de terres cuites nommée Vallauris. Spécialement créées pour cet événement, ces douze pièces à patine blanche ont été tournées par Claude Aïello à Vallauris. Vallauris, une série inédite de terres cuites signée Olivier Gagnère Le designer français Olivier Gagnère a commencé sa carrière en 1980 en collaborant avec Ettore Sottsass et le groupe Memphis en Italie. Jouant des matériaux et des formes, il crée pour de grandes maisons d’édition des céramiques, verreries, objets et luminaires, et signe des décorations dans le monde entier. Olivier Gagnère aime jouer des contrastes. Avec Vallauris, il réinvente l’art de la terre cuite en parant d’une subtile sophistication l’humble matériau. Le designer puise dans cette série des formes typiques de son répertoire et les enrichit d’éléments inédits. Par la patine blanche qui absorbe la lumière, il a souhaité donner une élégante légéreté à ces pièces très construites. Douze terres cuites tournées par Claude Aïello à Vallauris Pour tourner ces pièces inédites, Olivier Gagnère a fait appel au savoir-faire de Claude Aïello. Installé à Vallauris, Claude Aïello est reconnu internationalement comme une référence en matière de tournage d’objets de design et de pièces sculpturales. La galerie Lefebvre & Fils, spécialiste de la céramique La galerie Lefebvre & Fils est spécialisée dans la céramique française et européenne du XVIe au XXIe siècle. Elle contribue depuis 1880 à la formation des plus grandes collections françaises et internationales.
du 26 septembre au 7 janvier 2013 au Centre Pompidou 75004 Paris
Cette exposition se construit autour d’une cinquantaine de pièces majeures, dont plusieurs créations récentes, retraçant l’ensemble de l’œuvre de l’artiste, depuis 1969. Bertrand Lavier s’est affirmé en effet depuis plusieurs décennies comme l’une des figures incontournables de la scène européenne de l’après-modernisme.
Après les monographies consacrées à Jean-Michel Othoniel et à François Morellet en 2011, c’est l’œuvre de Bertrand Lavier que le Centre Pompidou met à l’honneur à travers une rétrospective sans précédent conçue en complicité avec l’artiste, afin de poursuivre son engagement auprès des grandes figures de la scène française contemporaine.
Tous ses « chantiers », comme Bertrand Lavier désigne ses séries de travaux qu’une grande variété de matériaux et de techniques caractérise, émettent sur la même « longueur d’onde » : esprit, humour, goût du paradoxe, virtuosité.
Pour cet artiste, bâtir une œuvre contemporaine, c’est poser un regard singulier sur la réalité puis par des gestes minimes, presque banals, c’est la détourner, la démontrer par l’absurde, par des rapprochements inattendus et ainsi, en faire surgir des instants poétiques. Peintures industrielles, objets peints, objets superposés, objets soclés, Alfa Roméo accidentée, Walt Disney Productions, néons d’après Stella, vitrines au blanc d’Espagne, tissus d’ameublement ou statuettes africaines : l’exposition éclaire l’incomparable aptitude de Bertrand Lavier à remettre en cause nos certitudes sur l’identité de la peinture, de la sculpture, de la photographie ou de la représentation.
À ses débuts, dans les années 1970, l’artiste engage une critique de l’art conceptuel alors triomphant. La recherche de l’émotion brute est l’un des fils directeurs de la production de Bertrand Lavier qu’il mène par l’utilisation d’objets phares de l’imaginaire collectif. Sa principale préoccupation est de remettre en cause les identités. L’artiste emprunte ainsi, en 1987, les motifs de l’univers du sport, en faisant construire un court de tennis pour la documenta 8. Il veut retenir la beauté du geste sportif et même son panache.
Les « objets soclés » deviennent, par la nature même de leur présentation, les cousins des artefacts livrés au regard du public dans les musées ethnographiques. Il imagine le musée d’un lointain futur où seraient exposés les objets triviaux du quotidien : porte de réfrigérateur, parpaing, skate-board. Un petit ours en peluche soclé comme un objet d’art primitif regardant une voiture accidentée ou les lèvres rouges qui ont donné leur forme à un canapé posé sur un congélateur, voici l’une des scènes auxquelles peut nous convier l’art de Bertrand Lavier. Aucun de ces « chantiers » n’est à ce jour fermé : « Quand j’ai mis un frigidaire sur un coffre-fort, ce n’était pas une raison pour arrêter de peindre des frigidaires ».
Les éditions du Centre Pompidou publient un catalogue Bertrand Lavier, depuis 1969 sous la direction de Michel Gauthier, commissaire de l’exposition et conservateur au musée national d’art moderne.
du 3 octobre 2012 au 21 janvier 2013 au Musée de l’Orangerie Jardin des Tuileries 75001 Paris
(…) Même en regardant les hommes tomber, Soutine reste stable sur ses deux jambes et ses deux yeux pour construire son chaos originel, calculant ses focales comme s’il recommençait la création du monde. Les vues effondrées de Céret ne semblent guère parentes de l’ascèse rigoureuse, à laquelle se livraient avant-guerre « la cordée en montagne » de Braque et de Picasso, dans la « Mecque du cubisme » catalane. Les glissements de terrain convulsifs de ces petites maisons qui se poussent les unes aux autres offrent pourtant une solide structure monochrome de piquets sous-jacents, qui font tenir la toile comme une tente plantée par grand vent. Reprenant les volutes sonores du Cri d’Edvard Munch, ces peintures tournoyantes et asphyxiées d’un homme en proie au désespoir annoncent en même temps le vandalisme informel, tout de déconstruction et de défiguration, du Danois CoBrA Asger Jorn. S’il fallait trouver des racines à l’énigmatique esthétique du peintre lituanien, peut-être faudrait-il se tourner non pas vers l’expressionnisme allemand et son primitivisme psychologique, mais vers l’expressionnisme nordique, celui du Norvégien Munch ou du presque Danois Nolde, avec leur extraordinaire faculté à déformer les images fournies par la perception. (…)
Extrait de l’article d’Emmanuel Daydé publié dans le N°49 de la revue Art Absolument, parution le 6 septembre 2012
Du 10 octobre 2012 au 28 janvier 2013 A la Galerie Nationales du Grand Palais 3, avenue du Général Eisenhower 75008 Paris
(…) Hopper sera le peintre de la nature urbanisée, des petites villes de vacances, des lieux aux architectures typiques qui mêlent façades victoriennes ou néo-gothiques, des stations d’essence, des préfabriqués, des bungalows, des marines, des jardins, tous ces ensembles dont le cadrage singulier est sa marque de fabrique. Métro, boulot, dodo : bureaux, bars, compartiments de train, chambres d’hôtel révèlent à partir du réel quotidien une inquiétude et une angoisse où se décèlent la solitude des êtres, leur difficulté à partager un instant de vie, à communiquer, tout comme l’artiste avec Joe, sa femme, sa muse, modèle et martyre. Sa vision de la classe moyenne des États-Unis est magnifiée par son utilisation savante de la lumière et de ses réflexions aussi bien dans des miroirs qu’à travers les fenêtres et les vitrines. Drugstores nocturnes désertés où ne restent que ceux qui cherchent à échapper à la nuit, maisons isolées sur les falaises battues de vent, motels standardisés, rails de train qui partent vers nulle part, on assiste à une simplification des formes avec des personnages dans un décor qui crée un mystère dans une tranche de vie pourtant quotidienne. (…)
Extrait de l’article de Renaud Faroux publié dans le N°49 de la revue Art Absolument, parution le 6 septembre 2012
du 19 septembre 2012 au 10 fevrier 2013 au musée Maillol 59-61, rue de Grenelle 75007 Paris
Le Musée Maillol rend hommage à Venise avec, pour la première fois, une exposition exclusivement consacrée aux œuvres vénitiennes de Canaletto. L’exposition permettra de découvrir des chefs-d’œuvre en provenance des plus grands musées et de collections particulières incontournables et souvent historiques. Cinquante peintures, surtout des grands formats, le célèbre Carnet de croquis -1731 environ- exceptionnellement prêté par la Ville de Venise, des dessins ainsi que l’appareil optique de Canaletto permettront de mieux comprendre l’évolution de son œuvre.
du 13 juillet au 21 octobre 2012 au Pavillon Populaire de Montpellier
du 6 juin au 24 septembre 2012 au Centre Pompidou
L’exposition « Panorama » que le Centre Pompidou consacre à Gerhard Richter rend hommage à l’une des figures majeures de la peinture contemporaine. Cette rétrospective réunit en effet une sélection de près de 150 œuvres, et propose une lecture chronologique et thématique de son œuvre, à travers une scénographie conçue en complicité avec l’artiste.
« Je n’obéis à aucune intention, à aucun système, à aucune tendance ; je n’ai ni programme, ni style, ni prétention. J’aime l’incertitude, l’infini et l’insécurité permanente. »
Gerhard Richter possède la faculté de se réinventer, de se transformer et, à chacun des tournants que prend son travail, il défend une nouvelle vision de la peinture et de l’histoire de l’art.
Il expérimente depuis le début de sa carrière des styles picturaux très différents : après les « photos-peintures », réalisées à partir de photographies au début des années 1960, Gerhard Richter met en place, dans les années 1970, un type d’abstraction où coexistent des grilles colorées, une abstraction gestuelle et des monochromes. Dans les années 1980, il réinterprète de manière érudite et inédite les genres de l’histoire de l’art : portrait, peinture d’histoire, paysage.
Il explore au même moment un nouveau type de tableaux abstraits aux couleurs acides, où les formes gestuelles et géométriques s’entremêlent. Dans les années 1990, l’artiste met au point une technique, qui devient sa signature, consistant à étaler de la peinture encore fraîche à l’aide d’une grande planche en bois ou en métal.
Sa première exposition dans un musée français avait été organisée au Centre Pompidou, en 1977 et « Panorama » célèbre aujourd’hui le 80ème anniversaire de l’artiste.
Le catalogue Gerhard Richter. Panorama est publié par les Éditions du Centre Pompidou, sous la direction, pour l’édition française, de Camille Morineau, commissaire de l’exposition et conservateur au Musée national d’art moderne.
L’exposition organisée par le Centre Pompidou en collaboration avec la Nationalgalerie, Staatliche Museen, zu Berlin, et la Tate Modern, Londres.
du 15 juin au 19 septembre 2012 Nantes. Musée des beaux-arts de Nantes
L’artiste chinois Yan Pei Ming a choisi de faire écho à la remarquable collection de baroques du musée. En mettant en regard ses portraits avec des chefs-d’œuvre de la peinture italienne, Ming poursuit son travail d’analyse du patrimoine.
L’artiste Yan Pei-Ming, invité à présenter son travail dans la Chapelle de l’Oratoire, a choisi de faire écho à la collection remarquable de peinture baroque du musée. Né à Shanghai en 1960, Yan Pei-Ming arrive à Dijon en 1980 où il intègre l’école des beaux-arts. Rendu célèbre par ses portraits de Mao traités en grisaille sur de grands formats traduisant avec fougue les traits de ses modèles. L’artiste décrit sa pratique de la peinture comme « une attaque, une détermination qui a un sens à la fois spirituel, moral, mais aussi critique ». Pensionnaire à la Villa Médicis en 1993, il va alors concevoir une œuvre monumentale, s’inspirant d’un conte chinois, Les 108 brigands, composée des portraits de son entourage à Rome et des visiteurs qu’il y a reçus. C’est ainsi qu’il mêle avec talent l’histoire et l’actualité.
A la chapelle, Ming réalise un projet qui lui tient à cœur depuis de nombreuses années En effet, si sa culture d’origine ne l’a pas familiarisé avec la culture chrétienne, il l’a, depuis son arrivée en France, très souvent croisée. Aussi, attendait-il un lieu approprié pour exécuter de grands autoportraits dans une attitude de méditation. La Chapelle de l’Oratoire est le lieu idéal pour accueillir de telles peintures. En les mettant en regard avec de chefs d’œuvre de la peinture italienne et flamande, Ming poursuit son travail d’analyse du patrimoine occidental, travail qu’il a initié au musée du Louvre en prenant La Joconde pour sujet, et en imaginant et développant le paysage dans lequel Léonard de Vinci a placé son modèle.
au Louvre jusqu’au 17 septembre 2012
Le Louvre invite Wim Delvoye à intervenir dans divers lieux du musée : sous la pyramide, dans le jardin des Tuileries et au sein du département des Objets d’art. L’art populaire et décoratif de l’artiste qui plonge ses racines dans un détournement ironique des styles du passé trouve dans le musée un écho particulièrement sonore. Une quinzaine de productions récentes témoignant de ses recherches actuelles sur la sculpture du XIXème siècle et de l’exploration des techniques informatiques de reproduction seront présentées en contrepoint des collections des Objets d’art. Sous pyramide, Wim Delvoye érige une immense flèche gothique en acier inox torsadée, intitulée Suppo.
Confrontation sans équivalent dans le monde, MONUMENTA invite chaque année un artiste d’envergure internationale à investir les 13 500 m² et les 35 mètres de hauteur de la Nef du Grand Palais, avec une oeuvre inédite, conçue spécialement pour cet espace. Après le succès des quatre premières éditions de MONUMENTA confiées au peintre allemand Anselm Kiefer en 2007, au sculpteur américain Richard Serra en 2008, à l’artiste français Christian Boltanski en 2010, puis à l’artiste britannique né en Inde Anish Kapoor, qui attira en 2011 plus de 270 000 visiteurs en six semaines et demi, c’est Daniel Buren, l’un des créateurs français les plus reconnus et honorés dans le monde – tant par ses pairs que par le public -, qui relève le défi du 10 mai au 21 juin 2012. Pour MONUMENTA 2012, Daniel Buren plongera les visiteurs au coeur d’un Grand Palais métamorphosé. Leur parcours dans l’espace les fera participer activement au déploiement et à l’activation plastique et spatiale d’une oeuvre inédite, fidèle à la démarche exigeante d’un grand artiste dont la discrétion des outils engendre un maximum d’effets, leur révélant des dimensions cachées, un potentiel jusque là invisible, une histoire ancienne et d’aujourd’hui.